Aller au contenu
Mon plan
de classe
Guide / Le cœur du métier

🤖 Le placement automatique

Ce que fait vraiment le bouton AUTO, comment il arbitre entre des contraintes qui se contredisent, et pourquoi il ne se trompe jamais en silence.

Un seul bouton, en haut de l'écran : AUTO. Quelques secondes plus tard, un plan complet. Ce chapitre explique ce qui s'est passé entre les deux — parce qu'un outil qu'on ne comprend pas, on ne lui fait pas confiance, et on a raison.

Le principe, en trois phrases

L'algorithme part d'un plan tiré au hasard. Il échange deux élèves de place et regarde si le résultat est meilleur. Si oui, il garde ; si non, il garde parfois quand même — au début seulement, puis de moins en moins.

Cette dernière bizarrerie est tout l'intérêt de la méthode, qui porte le nom de recuit simulé. Un algorithme qui n'accepterait que les améliorations se bloquerait dans le premier arrangement « pas trop mal » qu'il croise, sans jamais pouvoir en sortir. Accepter de reculer temporairement, c'est ce qui permet de trouver beaucoup mieux, plus loin.

L'image classique est celle du métallurgiste : on chauffe la pièce pour que les atomes bougent librement, puis on refroidit lentement pour qu'ils se figent dans l'arrangement le plus stable. D'où le nom.

La barre de progression

Elle n'est pas décorative. Elle suit le nombre réel de combinaisons évaluées — typiquement plusieurs dizaines de milliers pour une classe de vingt-quatre. Le calcul se fait dans votre navigateur, pas sur un serveur : rien de vos données ne circule pendant cette étape.

Vous pouvez changer d'onglet pendant le calcul, il continue. C'est un détail technique volontaire : la version de bureau utilisait un mécanisme qui se met en pause dès que la fenêtre n'est plus affichée, ce qui aurait donné, en ligne, l'impression que le logiciel plante.

Ce que l'algorithme refuse de sacrifier

Toutes les règles ne se valent pas. Chacune coûte un certain nombre de points quand elle est violée, et l'algorithme cherche le plan au coût total le plus bas. Les ordres de grandeur encodent une hiérarchie stricte :

CoûtRègle enfreinte
200 000Laisser une place vide devant un élève assis — la salle se remplit depuis le tableau
100 000PAP ou vue au-delà du rang 2 · besoin d'allée non satisfait · binôme séparé · élèves à séparer devenus voisins · deux bavards en contact · élève isolé alors qu'un voisin était possible · élève isolé de son groupe
50 000Remettre un élève à une place qu'il occupait dans un plan précédent
5 000Un élève grand juste devant un élève petit
100Par rang d'éloignement du tableau
20 000Un voisin d'un autre groupe — deux blocs posés dans une salle se touchent forcément quelque part
50Deux voisins immédiats de même genre

La conséquence pratique est importante : une contrainte à 100 000 ne sera jamais sacrifiée pour gagner sur une préférence à 100. L'algorithme n'ira pas séparer un binôme que vous avez demandé pour mieux alterner filles et garçons. Jamais.

Et le « coût » affiché, alors ?

C'est ce total. Zéro signifie que toutes les contraintes sont satisfaites — c'est le plan parfait. Un chiffre de l'ordre de quelques milliers correspond à un plan sans violation, dont le coût ne vient que des préférences de rang et de mixité. Un chiffre au-delà de 100 000 indique au moins une contrainte non tenue : lisez le diagnostic.

Le diagnostic

À la fin du calcul, une fenêtre s'ouvre. Deux cas seulement.

Plan parfait

Toutes vos contraintes sont respectées. Vous pouvez imprimer.

Problèmes détectés

La liste, en français, avec les prénoms :

● Hugo PETIT et Jules GARNIER devaient être séparés — ils sont voisins.
● Alice DUPONT (PAP) est au rang 3 — le dispositif demande les deux premiers rangs.
● Emma ROBERT a besoin d'un accès direct à une allée, mais n'en borde aucune.

Ce n'est pas un échec du logiciel : c'est un constat honnête que vos contraintes ne rentrent pas dans cette salle. Trois façons d'avancer :

  1. Relancez. Le point de départ est aléatoire ; un second essai tombe parfois sur une solution que le premier a manquée. C'est le geste le moins coûteux, et il marche souvent.
  2. Donnez de l'air. Un rang de plus, une table décondamnée, et le problème disparaît généralement. Une salle pleine à ras bord ne laisse aucune marge.
  3. Desserrez une contrainte. Décochez un « bavard » de trop, retirez une séparation devenue inutile depuis novembre.

Garder ce que vous avez décidé

AUTO ne doit pas défaire votre travail. Deux garde-fous :

  • Les places épinglées — celles dont le cadenas est fermé — ne bougent jamais. Le calcul construit tout le reste autour.
  • Si le plan courant contient déjà des élèves, Mon plan de classe demande confirmation avant de l'écraser, et vous propose un plan vide disponible plutôt que d'effacer celui-ci.

Et si le résultat ne vous convient pas, l'annulation ramène l'état précédent. Rien n'est irréversible.

Placer un élève à la main

Trois chemins mènent au même résultat, choisissez celui qui vous vient :

  • Cliquer l'élève, puis la place. Sa fiche s'ouvre — vous voyez ses contraintes — et la place suivante que vous touchez l'accueille.
  • Le faire glisser depuis la liste jusqu'à la place.
  • Cliquer une place libre. Un menu s'ouvre, et les élèves qui restent à placer y figurent en tête, sous leur propre intitulé. Les élèves déjà assis suivent, pour les échanges.

Une place occupée peut être fixée par le cadenas de son coin : l'élève y reste, quoi que décide le calcul automatique.

Le bouton TESTER

TESTER lance le même diagnostic, mais sans rien déplacer. C'est le bouton du placement manuel : vous disposez vos élèves à la main, vous testez, vous corrigez.

C'est aussi le bon réflexe en cours d'année. Vous avez déplacé deux élèves en novembre après un incident ? Un clic sur TESTER vous dira si ce déplacement a cassé une contrainte à laquelle vous ne pensiez plus.

Combien de temps ça prend

ClasseDurée typique
15 élèves1 à 2 secondes
24 élèves3 à 6 secondes
35 élèves8 à 15 secondes

Sur un ordinateur d'établissement un peu ancien, comptez le double. Cela reste sans commune mesure avec les deux heures de la version papier.

La suite

Vous savez produire un plan. Le chapitre suivant explique comment en produire plusieurs — un par période — sans jamais remettre un élève à la place qu'il occupait déjà.